L’épargne salariale, mécanisme vertueux au service de l’économie

L’épargne salariale, spécificité française, regroupe des dispositifs générateurs de flux financiers qui, judicieusement investis contribuent aujourd’hui, certes modestement, à financer l’économie française (les encours en assurance-vie sont de 1 600 milliards alors qu’en épargne salariale ils ne sont que de 117 milliards).

L'épargne salariale, mécanisme vertueux au service de l'économie

Ces dispositifs habilement mis en place permettent aux employeurs d’attirer les talents, de motiver l’ensemble des salariés et de les fidéliser. Les grandes entreprises françaises et les filiales de groupes étrangers l’ont bien compris, puisqu’une enquête récente précise que l’épargne salariale représente de 18 à 25% de rémunération supplémentaire. Quant à l’intéressement et la participation, dispositifs les plus répandus, ils représentent en moyenne 1,3 mois de salaire.

Les salariés peuvent ainsi, dans des conditions fiscales et sociales optimales, augmenter leur revenu disponible, épargner à moyen terme (PEE) ou bien, à long terme, pour leur retraite (PERCO).

Tandis que le FMI s’inquiète de la baisse de la productivité dans le monde, l’INSEE constate que les salaires réels en France progressent plus vite que la productivité et participent ainsi à la dégradation du taux de marge des entreprises. En effet, depuis la crise de 2008, la hausse des salaires a été supérieure d’environ cinq points à celle de la productivité.

Le coût horaire du travail varie de 1 à 10 dans l’Union Européenne, il est de 4,40€ en Bulgarie, de 42€ au Danemark, de 35,60€ en France (impact du CICE) et de 33€ en Allemagne. Pour reconstituer leur marge les entreprises doivent impérativement flexibiliser leur masse salariale afin de maîtriser le ratio masse salariale / valeur ajoutée.

Voir l'article sur le ratio Masse salariale / Valeur Ajoutée

Là encore, l’épargne salariale a une réponse puisque parmi les outils à leur disposition, pour y parvenir, figure en bonne place l’accord d’intéressement qui permet de mettre en adéquation le projet de développement de l’entreprise - globalement et/ou par métier - avec la stratégie globale de rémunération variable et ainsi associer, habilement, performance et rémunération.

Si aujourd’hui un tiers des encours de l’épargne salariale sont investis en fonds monétaires, les gestionnaires d’épargne salariale fourbissent leurs armes pour conseiller les salariés dans le choix d’allocations d’actifs, plus pertinents, en fonction de leur horizon d’investissement.

L'épargne salariale, mécanisme vertueux au service de l'économie : pistes d'améliorations

Selon Stéphane HUILLET (associé au cabinet de conseil en rémunération et politique salariale PEOPLE BASE CBM), si d’aventure, le nouvel exécutif, issu des urnes, souhaitait se pencher sur l’épargne salariale, de nombreuses pistes s’offrent à lui, parmi lesquelles figurent :

  • Le développement de l’actionnariat salarié, facteur reconnu et prouvé de cohésion sociale en encourageant les entreprises à se lancer dans l’aventure de deux façons : incitation fiscale pour l’entreprise et modulation du forfait social pour l’abondement de l’épargne investie en actions de l’entreprise. Cette réflexion pourrait s’agrémenter du sujet très souvent débattu de la problématique de l’anticipation et de la préparation de la transmission dans les petites et moyennes entreprises.
  • La poursuite de la montée en puissance du financement des PME/ETI via les supports financiers des PEE/PERCO.
  • L’incitation pour les TPE/PME à mettre en place des accords d’intéressement, seul dispositif particulièrement bien adapté à elles, puisque d’une très grande souplesse, plutôt que d’envisager un abaissement, du seuil des effectifs, de mise en place obligatoire de la participation.
  • La révision du taux du forfait social qui est passé, rappelons-le, malgré quelques modulations récentes, de 2 à 20%. Comme dans bien d’autres domaines, une stabilité des règles fiscales et sociales serait la bienvenue.

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