Actualité sur les primes de départ

Le président du conseil d'administration d’Alcatel-Lucent doit être reçu ce mardi par Emmanuel Macron.

La polémique sur les conditions financières du départ l’ex-PDG d’Alcatel-Lucent , Michel Combes, n’a cessé d’enfler toute la journée lundi. Plusieurs membres du gouvernement sont montés au créneau, dont Michel Sapin et Stéphane Le Foll. Mais c’est curieusement du côté du patronat que sont venues les critiques les plus sévères. Le vice-président du Medef, Thibaut Lanxade, a ainsi qualifié de « choquants » les 13,7 millions d’euros que pourrait empocher Michel Combes au titre de son mandat exercé à la tête d’Alcatel-Lucent. Ces 13,7 millions se composent d’une prime de non-concurrence de 4,5 millions d’euros, de 1 million d’euros de stock-options et de 8,2 millions d’euros d’actions qui pourront être vendues entre 2016 et 2018. « Les vraies questions à se poser sont les suivantes : est-ce que le code Afep-Medef a bien été respecté ? Est-ce que, pendant cette période, il y a eu une très forte performance de l’entreprise ? Est-ce que les montants étaient adossés sur des prises de risques, des critères bien définis ? » s’interroge Thibaut Lanxade. L’examen approfondi des critères de rémunération de l’entreprise dira si toutes les conditions ont bien été remplies (notamment le montant de la prime de non-concurrence, qui paraît particulièrement élevé). Mais il est clair que cette somme a bien été approuvée par le conseil d’administration d’Alcatel-Lucent et que le contrat de Michel Combes a été spécifiquement calibré pour que ce dernier puisse toucher ces options malgré une présence inférieure à trois ans dans l’entreprise.

« Démesure »

C’est d’ailleurs ce point qui semble le plus controversé au sein du patronat. Officiellement, le Medef s’en est remis au haut comité de gouvernement d’entreprise, instance émanant du patronat et qui rédige le code Afep-Medef, pour se prononcer sur le cas de Michel Combes. Mais, en privé, les réactions fusent : « Après deux ans de présence dans une entreprise, partir avec 14 millions d’euros, est-ce que ça les vaut, même pour un patron qui a rempli sa feuille de route ? », se demande un responsable du Medef. « On ne peut pas appeler chacun à faire des efforts dans un contexte économique difficile et être dans une telle démesure », poursuit un proche de Pierre Gattaz.

Au ministère de l’Economie, « on comprend que le montant puisse choquer », relate l’entourage d’Emmanuel Macron. Le ministre a d’ailleurs prévu de recevoir dès ce mardi le président du conseil d’administration d’Alcatel-Lucent, Philippe Camus, et son cabinet s’est s’entretenu hier soir avec Denis Ranque, président du haut comité de gouvernement d’entreprise. « Si le haut comité était amené à contester le montant et les modalités d’attribution du package de départ, M. Combes devra en tirer les conséquences », prévient le cabinet du ministre.

Source : Les Echos

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