Salaire brut et salaire net dans le secteur privé et les entreprises publiques (étude de l’insee)

L'INSEE vient de publier (décembre 2014) les résultats d'une études sur les salaires dans le secteur privé et les entreprises publiques dont nous publions ci-dessous les principaux résultats.

Il est intéressant de noter que cette étude vient corroborer les analyses faites par le cabinet de conseil en rémunération et politique salariale PEOPLE BASE CBM, notamment sur les écarts de rémunération hommes / femmes (parité) et sur les pratiques en termes d'augmentations salariales (cf. résultats des études de rémunérations sur ce BLOG).

En 2012, le salaire net moyen baisse de 0,4 % en euros constants !

En 2012, le salaire mensuel en équivalent temps plein (EQTP) d’une personne travaillant dans le secteur privé ou dans une entreprise publique est, en moyenne, de 2 870 euros bruts et de 2 154 euros nets de tous prélèvements à la source.

Entre 2011 et 2012, le salaire net a augmenté de 1,6 % en euros courants. Compte tenu de l’inflation (+ 2,0 % en 2012), le salaire net moyen en euros constants baisse de 0,4 % par rapport à 2011, après avoir sensiblement ralenti sa progression les deux années précédentes.

Le salaire net médian s’élève à 1 730 euros par mois en 2012. Il est inférieur de 19,7 % au salaire net moyen et diminue de 0,6 % en euros constants entre 2011 et 2012. En 2012, les salaires nets diminuent à tous les niveaux de l’échelle salariale. L’écart de salaire en EQTP entre hommes et femmes se réduit légèrement, mais le salaire des femmes reste inférieur de 19,2 % à celui des hommes. À secteur d’activité, âge, catégorie socioprofessionnelle, condition d’emploi donnés, l’écart de salaire entre hommes et femmes diminue également mais reste supérieur à 10 %.

En 2012, en France, les salariés du secteur privé ou d’une entreprise publique (hors apprentis et stagiaires) perçoivent en moyenne en équivalent temps plein (EQTP) 2 870 euros par mois en brut et 2 154 euros nets de tous prélèvements à la source (cf. ci-dessous).

Salaires-bruts-nets

Les salaires brut et net moyens augmentent respectivement de 1,9% et 1,6% en euros courants par rapport à 2011. Cette différence d'évolution est due notamment à la progression de la contribution sociale généralisée (CSG) et de la contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS), suite au passage de 3,0 % à 1,75 % du taux d'abattement pour frais professionnels sur l'assiette de CSG-CRDS. Y contribue aussi la suppression de l'abattement sur certains revenus dont l'intéressement et la participation.

Le salaire net moyen en euros courants progresse moins vite en 2012 qu’en 2011 (+ 2,3 %). Ce ralentissement des salaires intervient alors que l’inflation se situe à des niveaux comparables les deux années : les prix à la consommation ont augmenté, en moyenne, de 2,0% en 2012 après + 2,1% en 2011. De ce fait, en euros constants, le salaire net moyen a diminué de 0,4 % en 2012, après avoir ralenti les deux années précédentes (+ 1,2 % en 2009, + 0,5 % en 2010 et + 0,2 % en 2011). Hors bénéficiaires de contrats aidés, le salaire net moyen, de 2 163 euros en EQTP, baisse également de 0,4 % en euros constants.

Une conjoncture de l’emploi difficile en 2012

La dégradation du marché du travail entamée au second semestre 2011 s’est poursuivie en 2012. En glissement sur l’ensemble de l’année, l’emploi concurrentiel recule de 0,5 % alors qu’il a progressé de 0,4 % en 2011. L’emploi salarié diminue notamment dans la construction (– 1,0 %), dans l’industrie (– 0,9 %), mais aussi dans le secteur tertiaire essentiellement marchand (– 0,4 %). Fortement touché, l’emploi intérimaire baisse de 11 % après un repli de 4 % en 2011. Le nombre de bénéficiaires de contrats aidés dans le secteur marchand recule également, passant de 43 500 personnes fin 2011 à 25 700 fin 2012. Le repli de l’intérim touche d’abord l’emploi ouvrier, qui représente plus des trois quarts des emplois intérimaires.

Comme en 2011, l’emploi féminin résiste mieux que l’emploi masculin, les hommes travaillant dans des secteurs plus sensibles à la conjoncture économique (intérim, industrie, construction...). Les plus jeunes, âgés de 15 à 24 ans, restent les premiers à subir les difficultés conjoncturelles : leur taux d’emploi diminue. À l’inverse, ce taux augmente sensiblement chez les personnes âgées de 55 ans ou plus.

Les modifications dans la répartition de la main-d’œuvre selon le sexe, la catégorie socioprofessionnelle, le secteur d’activité, l’âge ou la condition d’emploi peuvent influencer l’évolution du salaire net moyen en EQTP. Au total, en 2012, ces différents effets contribuent positivement à l’évolution du salaire moyen : à structure constante, le salaire net moyen diminuerait de 1,3 % en euros constants (cf. ci-dessous).

Evolution-salaires-moyens

Une partie de cette évolution peut provenir de la fin de la défiscalisation des heures supplémentaires entrée en vigueur en septembre 2012 : ainsi, en glissement annuel, les salariés à temps complet des établissements d’entreprises de plus de 10 salariés ont effectué en moyenne 5,7 % d’heures supplémentaires de moins au dernier trimestre 2012 qu’un an auparavant. En revanche, la revalorisation du Smic a pu favoriser le salaire des catégories les moins qualifiées. Il a été revalorisé de 2,0 % le 1er juillet 2012 (dont + 0,6 % de « coup de pouce »).

Cette revalorisation fait suite à celle anticipée de décembre 2011, due au déclenchement du mécanisme de revalorisation automatique du Smic par l’inflation (+ 2,1 %), et à celle du 1er janvier 2012 (+ 0,3 %). Au total, en moyenne annuelle, l’évolution du Smic est de + 1,1 % en euros constants.

Des salaires nets en baisse pour l’ensemble des catégories socioprofessionnelles

Toutes catégories socioprofessionnelles confondues, le salaire net moyen baisse en euros constants dans la construction (– 0,8 %) et dans le tertiaire (– 0,5 %), alors qu’il progresse dans l’industrie (+ 0,2 %). Dans les services aux entreprises, dont relève l’intérim, le salaire moyen progresse de 0,7 %. Cette hausse résulte d’un effet de structure : la baisse de la part des intérimaires, dont les salaires sont en moyenne plus faibles, accroît le salaire moyen de l’ensemble du secteur. Hors intérim, le salaire moyen dans les services aux entreprises diminue de 0,1 % en euros constants.

Tous secteurs d’activité confondus en 2012, le salaire net moyen en EQTP diminue pour l’ensemble des catégories socioprofessionnelles. Comme en 2011, l’évolution des salaires est moins défavorable pour les employés et les ouvriers que pour les cadres et les  professions intermédiaires.

En 2012, le salaire net des ouvriers diminue de 0,4 %en euros constants. Pour les ouvriers non intérimaires, la baisse est de 0,6 %, tandis que le salaire net moyen des ouvriers intérimaires augmente de 0,2 %. L’évolution du salaire des ouvriers est essentiellement portée par la baisse du salaire des ouvriers qualifiés (– 0,5 %) et est plus marquée dans le secteur des transports (– 2,5 %). Le salaire net moyen des ouvriers non qualifiés augmente très légèrement : + 0,1 %, en lien avec l’évolution du Smic. La part des emplois ouvriers les moins qualifiés diminue tendanciellement ; cette baisse a encore été amplifiée par la faible croissance de l’activité en 2012. Cette évolution freine mécaniquement la baisse du salaire moyen des ouvriers.

En 2012, la rémunération nette moyenne des cadres diminue pour la deuxième année consécutive, mais moins qu’en 2011 : – 0,8 % contre – 1,5 % en euros constants. En particulier, dans le secteur des activités financières, qui emploie beaucoup de cadres (40 %) et où la part variable est élevée, le salaire net moyen des cadres a nettement diminué : – 4,9 % en euros constants. Par ailleurs, contrairement aux autres catégories socioprofessionnelles, l’évolution moyenne du salaire brut des cadres n’est pas plus favorable que celle de leur salaire net, alors même qu’ils sont tout autant touchés par la hausse de la CSG et de la CRDS. Ceci s’explique par le fait que les cadres sont plus concernés par les dispositifs de participation et d’intéressement, et donc par le recul de l’épargne salariale entre 2011 et 2012. Or, les sommes correspondantes sont comprises dans le salaire brut, mais exclues du salaire net car, placées sur un plan épargne-entreprise, elles ne sont pas imposables. Ainsi, c’est un effet de structure de la rémunération des cadres, lié à une baisse de la part des composantes exonérées de cotisations salariales (dont l’épargne salariale), qui freine l’évolution de leur salaire brut en 2012 de façon plus marquée que pour les autres catégories socioprofessionnelles.

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